Les dossiers de la rentrée

bilan trimestriel des Favorites
Le mois de juillet n’est pas encore terminé et la saison des publications trimestrielles ne fait que commencer. Pour autant, il convient déjà de se projeter à la rentrée et de réfléchir aux dossiers qui nous occuperont au retour des vacances.
#1 Le taux directeur de la Fed

Aux quatre coins du monde, l’heure est à l’assouplissement monétaire. D’ores et déjà, 42% des 38 principales banques centrales ont commencé à réduire leur taux directeur. Selon les projections actuelles, 80% d’entre elles devraient avoir fait basculer leur politique monétaire d’ici la fin de l’année. La plus importante, la Réserve fédérale, devrait quant à elle réduire le loyer de l’argent aux États-Unis le 18 septembre prochain. Une telle synchronisation des banquiers centraux, visant à faciliter l’accès au crédit, n’a plus été vue depuis la crise sanitaire. Reste qu’un changement de cap de la Fed ne fait pas l’unanimité. Certains craignent que la banque n’agisse trop tôt. D’autres, qu’elle ne soit déjà « derrière la courbe » et donc en retard. En réalité, la baisse de taux ne veut rien dire en elle-même. Il faudra plutôt se demander ce qui la motive, à savoir l’anticipation d’une reprise de la désinflation (laquelle est à l’arrêt depuis un an) ou une accélération du ralentissement économique. La première explication plairait aux marchés. La seconde, beaucoup moins.

#2 L’élection présidentielle américaine

L’issue de l’élection de novembre aux États-Unis ne devrait pas être sans conséquence sur les marchés financiers, du moins à court terme. Depuis la tentative d’assassinat de Donald Trump, laquelle a eu un effet positif sur sa cote de popularité, plusieurs pans de la cote ont d’ailleurs déjà réagi. Le secteur des renouvelables a notamment subi des dégagements, Donald Trump étant perçu comme pro-pétrole. Les actions chinoises ont également souffert des menaces proférées par son clan et notamment son colistier JD Vance. Une résurgence de la guerre commerciale est ainsi évoquée. Enfin les critiques de l’ex-Président sur le coût de l’aide apportée à l’Ukraine laissent croire que le secteur de la défense pour- rait perdre un « soutien » majeur. Faut-il pour autant prendre tous les slogans de campagne au pied de la lettre ? Certainement pas. La réalité du pouvoir exige une certaine modération. En cas de victoire, on peut en revanche s’attendre, comme entre 2016 et 2020, à une pression accrue de la part de la Maison Blanche sur la Fed pour que cette dernière baisse significativement les taux. Ce qui pèserait sur le dollar et soutiendrait l’or, les marchés émergents et les matières premières.

Le mois de juillet n’est pas encore terminé et la saison des publications trimestrielles ne fait que commencer. Pour autant, il convient déjà de se projeter à la rentrée et de réfléchir aux dossiers qui nous occuperont au retour des vacances. Fed, élection présidentielle américaine, gouvernement français, rotation sectorielle, révision des profits et prise de conscience chinoise seront au menu.
Les dossiers de la rentrée boursière
#3 Le gouvernement français, une incertitude pénalisante

L’incertitude politique française qui pèse sur le CAC 40 sera-t-elle levée ? Au lendemain des élections législatives, la seule évocation du programme économique du Nouveau Front Populaire, arrivé en tête, a suffi à maintenir une chape de plomb sur les actions françaises et dans une moindre mesure, européennes. Au regard de la complexité de la situation, les investisseurs n’ont pas totalement écarté ce risque. Ni celui d’une rentrée marquée par une contestation dans la rue. Le marché veut être rassuré sur la volonté du pays de réduire son déficit dès le prochain budget. Nous en sommes loin, le jeu des alliances pouvant aboutir à des surprises. La Bourse française risque ainsi de rester plus volatile que la moyenne.

#4 Technologie : simple consolidation ou début de rotation ?

Depuis quelques séances, le marché américain s’est déréglé : les grands groupes technologiques, qui ont alimenté la hausse des derniers mois, sont vendus tandis que les petites et moyennes capitalisations, très en retard, sont recherchées (comme le montre la hausse soudaine du Russell 2000). L’envolée de la probabilité d’une baisse de taux de la Fed en septembre viendrait expliquer cette rotation, les entreprises de second rang étant plus sensibles à la politique monétaire en raison de leur endettement plus élevé. Cette rotation se confirmera-t-elle à la rentrée ? Ou restera-t-elle à l’état de soubresaut estival facilité par la baisse des volumes ? Car si les « small caps » sont plus sensibles aux taux, elles sont aussi plus dépendantes de la conjoncture. Encore une fois, ce sursaut pourrait donc être fragile si l’économie américaine flanche.

#5 Profits : des révisions en baisse ?

Depuis quelques séances, le marché américain s’est déréglé : les grands groupes technologiques, qui ont alimenté la hausse des derniers mois, sont vendus tandis que les petites et moyennes capitalisations, très en retard, sont recherchées (comme le montre la hausse soudaine du Russell 2000). L’envolée de la probabilité d’une baisse de taux de la Fed en septembre viendrait expliquer cette rotation, les entreprises de second rang étant plus sensibles à la politique monétaire en raison de leur endettement plus élevé. Cette rotation se confirmera-t-elle à la rentrée ? Ou restera-t-elle à l’état de soubresaut estival facilité par la baisse des volumes ? Car si les « small caps » sont plus sensibles aux taux, elles sont aussi plus dépendantes de la conjoncture. Encore une fois, ce sursaut pourrait donc être fragile si l’économie américaine flanche.

#6 Chine : une vraie prise de conscience ?

Les investisseurs restent dubitatifs face à la politique économique de la Chine. Les autorités du pays affirment vouloir soutenir la relance mais Xi Jinping semble avoir encore du mal à voir les difficultés économiques actuelles comme une réalité. Pire, l’économie n’est pas sa priorité. Le récent élan « haussier » sur les actions chinoises s’est épuisé, faute de nouvelles. Les marchés restent donc dans l’attente d’un plan de relance convaincant. Pékin se décidera-t-elle à agir d’ici septembre ? Une forme de désaccord a pris forme au sommet de l’État. L’hypothèque se doit d’être levée.

Découvrez